Les Etats-Unis s'apprêtaient lundi à rendre un hommage chargé d'émotion aux quelque 3.000 victimes des attentats du 11 septembre 2001, mais sans échapper aux critiques sur la "guerre contre le terrorisme" et aux menaces persistantes d'Al-Qaïda dans le monde.
les Etats-Unis, une série de commémorations auront lieu afin de rendre hommage aux victimes des attentats les plus meurtriers jamais perpétrés aux Etats-Unis.
L'Amérique observera un moment de silence lundi à 8H46 (12H46 GMT), l'heure exacte à laquelle un premier avion, le vol 11 d'American Airlines, s'écrasait contre la tour nord du World Trade Center, puis à 9H03 pour l'attaque de la tour sud, à 9H59 pour l'effondrement de la tour sud, et 10H29 pour celui de la tour nord.
Peu avant 08H00, une foule de familles, de pompiers et de policiers en uniforme arrivait là où se dressaient les tours du World Trade Center il y a cinq ans.
Comme ils l'ont fait chaque année, les proches des disparus liront les noms des 2.749 victimes ayant péri à Ground Zero. A 19H00 de New York, le monde entier est invité à allumer des bougies pour les victimes du terrorisme.
Un immense drapeau américain couvrant plus de sept étages a été déployé sur un gratte-ciel face au site des tours jumelles disparues, bouclé par les forces de l'ordre déployées en masse.
Toujours à New York, une sculpture géante commandée par le président russe Vladimir Poutine et dédiée à la "lutte contre le terrorisme mondial" doit être dévoilée en présence de l'ancien président Bill Clinton et de son épouse et sénatrice Hillary et du secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff.
M. Bush se rendra ensuite sur les autres sites du 11-Septembre à Shanksville (Pennsylvanie), où s'est écrasé le Boeing d'United Airlines dont les passagers ont essayé de reprendre le contrôle, et à Washington au Pentagone, la dernière cible des 19 pirates de l'air d'Al-Qaïda.
Dans la soirée, il s'adressera solennellement à la Nation, depuis le Bureau Ovale de la Maison Blanche, pour la cinquième fois seulement de sa présidence.
Il devrait exalter l'esprit de l'Amérique et la détermination à combattre le terrorisme tandis que l'union sacrée formée derrière lui après le 11 septembre 2001 est un lointain souvenir.
Les Américains sont désormais profondément divisés par la guerre en Irak et les moyens employés au nom de la "guerre contre le terrorisme", tandis qu'Oussama ben Laden court toujours.
"Nous n'avons jamais pu confirmer l'existence d'un lien entre l'Irak et le 11-Septembre", a admis le vice-président Dick Cheney sur la chaîne NBC. Mais un lien entre Al-Qaïda et l'Irak, c'est une "autre affaire", a-t-il dit en soulignant qu'Abou Moussab al-Zarqaoui se trouvait en Irak avant l'invasion américaine.
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a reconnu que les Etats-Unis ignoraient la localisation précise d'Oussama ben Laden. Mais, a-t-elle affirmé, il a "de moins en moins d'endroits où se cacher".
La responsable américaine a reçu le renfort du Premier ministre australien John Howard, fidèle allié de la politique Bush. "Je pense qu'on finira bien ... par lui mettre la main dessus un jour", a-t-il assuré.
En Afghanistan, les 19.000 soldats américains participant aux opérations antitalibans, et à la traque de ben Laden, ont eux aussi rendu hommage aux victimes du 11-Septembre. Dimanche, le président afghan Hamid Karzaï a appelé à la poursuite du "combat contre la menace du terrorisme avec une plus grande résolution et un plus grand dévouement".
L'Union européenne a elle aussi rendu hommage aux victimes, et réaffirmé "sa condamnation de toute forme de terrorisme". "Ces attaques terribles ont clairement démontré que le terrorisme est une menace contre tous les Etats et tous les peuples", qui ne saurait être justifiée par "aucune cause, aucun grief", souligne le communiqué de l'UE.
Dans le monde entier, la presse consacrait de pleines pages aux attentats, mais nombreux étaient les quotidiens qui dénonçaient "l'échec" de la guerre contre le terrorisme.
Le gouvernement Bush "a réussi le tour de force de réduire à néant l'immense élan de compassion et de solidarité qui s'était manifesté après le 11 septembre à travers le monde", accuse le quotidien français Libération.